Les rêves réalisent à un degré important la mise en mémoire des événements du réel

Il semble que le rêve qui relie la mémoire des actes individuels dans une grande incohérence soit un facteur d'enrichissement des réminiscences. Ces " impulsions illogiques " selon l'expression de Nietzche réactivent la mémoire d'une chaîne du vivant désignée par le mot " âme ". L'âme est peut-être une identité particulière liée au cerveau où se produit la réminiscence qui réactive la renaissance d'événements passés. La question est de savoir si le cerveau est porteur de toute la mémoire universelle.
La mémoire entretenue par la chaîne du vivant dans le rêve est soumise à l'épreuve de la logique dans l'enchaînement des événements mais elle provoque le rituel de la réitération comme base de pensée.



Suite à l'étude de rêves, je pense qu'il
existe chez l'homme deux sortes de rêves : le rêve temporel et le rêve culturel.

Le rêve temporel est un travail du cerveau sur le temporel et semble important dans l'élaboration du vécu individuel. Tout se passe comme si le rêve était nécessaire à une fixation des événements dans la mémoire individuelle.

Concerne-t-il toutes les unités organiques ?

Les rêves et les images mentales qui naissent au moment de l'endormissement des individus sont des réactions aux informations ou événements qui se sont produits dans la vie individuelle dans la journée qui a précédé, voire au plus 48 heures.
Il est désigné comme infantile car il est le fait de tous les mammifères jusqu'au petit enfant humain.
Un animal et un petit enfant ne peuvent accéder à l'autre catégorie de rêve syntagmatique car ils ne possèdent pas le langage conceptuel.

Ainsi, tout ce qui peut paraître comme suite incohérente au niveau du rêve se transforme en processus de mémorisation. La redondance d'actes virtuels est mémorisée dans le cerveau par l'intermédiaire du rêve et participe pleinement à une construction de la mémoire personnelle.

Exemple de rêve typiquement infantile et peu pollué par le rêve syntagmatique

 

Description d'un rêve du 29-30 septembre 2004

Parenté des éléments du rêve avec les événements vécus dans la journée du 29 septembre 2004

Je suis dans une maison située sur une hauteur

j'observe une fuite d'eau au robinet d'une baignoire qui ne ressemble pas à un robinet ordinaire mais à un bouchon à vis

J'ai répandu de l'eau en remplissant la cuve de mon fer à vapeur qui possède un bouchon à vis. Cette maladresse m'a énervée.

Visite au voisin de la maison d'en dessous pour communiquer sur la fuite Mon voisin est très coopératif sur les problèmes matériels.

Un enfant petit est là.

Je pars avec lui en 2cv.

Il a été question de cet enfant qui ne donne pas de nouvelles.

Vu et regardé une 2cv avec intérêt l'avant veille.

La portière de la 2cv ferme mal et j'entreprends une étrange réparation sur une étrange fermeture en ferraille.

J'ai réparé une vieille planche à repasser avec une remise en place des ferrures.

 

La réparation faite, je poursuis ma route et je vois sur le bas côté une ancienne camarade d'école que je reconnais parfaitement en dépit du masque de momie qu'elle a sur le visage.

J'aime mes souvenirs d'enfance et il m'arrive souvent de repenser à une camarade.

Je regarde avec intérêt le soir à la télévision la série des documentaires sur les momies.

Arrivée dans un lieu de réception avec accueil du Président de la république. Aux informations télévisées, le Président de la République a reçu les médaillés olympiques.
Dans la file d'attente, les invités doivent retrouver les lettres ER dans les liasses d'un bréviaire. Vu reportage sur Saqqara : Les ouvriers sont en file d'attente pour recevoir leur salaire. Ils sont vêtus de djellabas blanches. Les feuilles de paye sont en liasses. Dans cette émission on nous montre le décryptage des hiéroglyphes dans un cartouche...( mais je ne comprends pas où ma mémoire a puisé ER !...)

Tous ces événements du rêve infantile ont été joués d'avance dans la vie réelle. Les actes réels étant transposés dans la mécanique du rêve, on peut dire qu'ils réalisent à un degré important la mise en mémoire des événements réels pour l'individu concerné.

J'ai ainsi analysé de nombreux rêves et il serait fastidieux d'en faire le compte rendu. Je vais pourtant revenir sur l'épisode de l'un d'entre eux qui me parait des plus significatifs :

Au cours de ce rêve j'étais accompagnée d'une personne qui me suivait dans une maison des plus étranges. Elle se situait dans un labyrinthe de petites maisons construites sous terre et non loin de la mer. Ces maisons étaient faites en terre et matériaux végétaux. Surprenant peut-être? Quel est donc le message freudien?

Voici ma réponse :

Je suis incapable de vous donner la date de ce rêve mais vous pourriez le faire. Il suffit de vous reporter aux programmes de télévision de l'année 2004 et de chercher la date d'un documentaire sur les castors(vraisemblablement sur la chaîne ARTE ). J'ai fait ce rêve dans la nuit qui a suivi le reportage.

La société humaine doit s'interroger sur ce qu'elle inculque dans les imaginaires et les mémoires des enfants à travers les programmes de télévision ou les jeux vidéo qui sont trop souvent violents.


Le rêve culturel

Le rêve syntagmatique est perceptible dans le dernier événement du rêve infantile décrit dans le tableau. Les ouvriers en attente de leur salaire sont vêtus d'une djellaba blanche. Influencée par ma propre culture, la djellaba est liée à l'habit d'un moine, c'est pourquoi les liasses des feuilles de paye se transforment par proximité aux pages d'un bréviaire.

L'expression du désir n'est pas absente dans le déroulement d'un rêve. Dans l'exemplaire du tableau, elle se manifeste deux fois : Recevoir des nouvelles d'un proche et renouer avec des souvenirs du passé mais cette expression ne semble pas être l'unique motivation des rêves.

Au final, les images d'un rêve ne sont jamais arbitraires. Elles sont les motrices de la mémoire individuelle.

monde parallèle