Grammaire biochimique de l'ADN

La mémoire organique se définit dans un système appelé code génétique. La découverte du code génétique par les chercheurs Watson et Crick a permis une avancée énorme dans la connaissance de ce que nous sommes.

Noam Chomsky est le fondateur de la linguistique moderne. Il pense que l'espèce humaine homogène dans sa biologie l'est aussi dans son expression linguistique. Toutes les langues pouvant s'apprendre et se traduire dans d'autres langues, il existe des règles d'un langage universel. Les principes communs à tous les langages sont réunis dans un cadre de grammaire universelle et générative qui engendre un nombre infini de combinaisons linguistiques.

Le code génétique est plus qu'un code, c'est une grammaire.

La grammaire est un ensemble de règles morphologiques et syntaxiques qui décrit les moyens par lesquels des unités linguistiques se combinent en phrases.
La cellule biologique possède un "cerveau". Le noyau cellulaire a des moyens significatifs de distribuer les atomes NOCH de façon spatiale et ordonnée.

Mise en évidence d'une analogie entre la grammaire linguistique et le code génétique*

Après la découverte du code génétique par Watson et Crick, Roman Jakobson a développé l'idée que le code verbal pourrait dériver d'une grammaire structurale dont les fondements syntaxiques seraient issus du code génétique. Les symétries entre code génétique et code verbal étaient introduites par les liens suivants :

 
code verbal
code génétique
Alphabet
- Voyelles
-Consonnes

- Purines(A et G)

- Pyrimidines (C et T )

Intégrations structurales - lettre
-syllabe
-mot
-phrase
-texte

- Base azotée
- codon
-exon
- gène
- génome
Transcription et
traduction
- langage écrit
- langage oral
- Langage nucléique
- Langage protéique

En réalité, j'ai pris connaissance du tableau ci-dessus après avoir formulé à ma manière des propositions de correspondances entre les le code verbal et le code génétique. Au cours du développement général proposé, je ne pouvais négliger l'importance de l'atomosociologie à travers le fondamental NOCH. Mon interprétation des correspondances entre les deux systèmes est la suivante :
Code grammatical Code génétique
Les lettres

lettre N (Azote)
lettre O (oxygène)
lettre C ( carbone)
lettre H (hydrogène)

lettre P (phosphore)

Les mots mots bases

mots radicaux

mots oses

Les phrases

proposition nucléotide

proposition codon

Les textes

textes protéiques


Les mots

Parmi les mots, la grammaire linguistique différencie ceux qui sont des noms, des verbes, des adjectifs, des pronoms, des conjonctions...

En grammaire adéénique, il existe 3 groupes de mots

- Les mots bases
sont formés par les lettres N,O,C,H.
Ils sont de 5 sortes et désignés par leur première lettre, (A)adénine, (T)thymine, (G)guanine, (C)cytosine, U (uracyle).
On les classe en 2 groupes : Le groupe purique (A) et (G) et le groupe pyrimidique (C) (T) et une cinquième base (U). L'Uracyle est la cinquième base pyrimidique qui remplace la thymine dans l'ARN. Habituellement, l'uracyle ne se trouve pas dans l'ADN.

Premier groupe pyrimidique
(T) et (C)
..N. - .CH
...l .....l
HC.....CH
...l .....l
..N. =.C - OH

deuxième groupe purique
(A) et (G)
..N = CH
...l .....l
HC.....C - N
...ll ....ll.........CH
...N. - C - NH

 

- les mots radicaux sont formés des lettres P,O,H

- Les mots oses formés des lettres C,O,H

Les phrases

En linguistique, les phrases sont des unités élémentaires d'un énoncé formées de plusieurs mots ou groupes de mots (propositions) dont la construction présente un sens.

En grammaire adéénique, les phrases amines sont constituées de 2 propositions : une proposition principale appelée la nucléotide et une proposition informative appelée proposition codon.



Formule chimique d'un nucléotide ayant pour base (T)

La proposition nucléotide est structurelle, elle est formée d'un mot base, d'un mot radical et d'un mot ose. On distingue des propositions du premier groupe qui ont des mots bases pyrimidiques et des propositions du deuxième groupe qui ont des mots bases puriques.

règles sur la complémentarité :
1. Chaque mot base contenu dans la proposition nucléotide est obligatoirement lié à un mot du groupe complémentaire par la lettre H (hydrogène)
2. (A), groupe purique est obligatoirement lié à (T) groupe pyrimidique
(G) , groupe purique est lié à (C) groupe pyrimidique
Ces liens sont invariables

La proposition informative codon est donnée par l'identité du mot base. C'est une suite linéaire de 3 propositions nucléotides.
exemple : (C) (T) (A)






Les phrases amines résultent des combinaisons de propositions nucléotides et du phrasé informatif codon. En terme combinatoire, l'assemblage de 3 éléments pris chacun parmi 4 possibles (Tou U), (C), (A), (G ) conduit à 4(3), soit 64 possibilités.

Codon identitaire d'un acide aminé Y (T) (A)
(A) (T)
(G) (C)
Codon identitaire d'un acide aminé Z (C) (G)
(A) (T)
(T) (A)


Chaque codon peut désigner un acide aminé mais en réalité les 64 codons sont assignés soit comme acides aminés ou comme ponctuation dans les séquences de protéines.

En grammaire, les textes sont une suite linéaire de phrases qui constituent une séquence délimitée par des points finaux ou silences.

Les textes protéiques sont des assemblages de phrases amines ponctuées par des codons majuscules (AUG) signifiant le départ d'un texte protéique ou des codons points finaux (UAG), (UGA), (UAA) signifiant l'arrêt d'un assemblage de textes.

La lecture des textes

La lecture du texte ADN n'est pas seulement linéaire. Les phrases nucléotides sont unies par paire en respectant la règle de complementarité par la liaison hydrogène. La lecture des séquences dépend du mot base ( G) (A) (C) (T) ou (U)qui introduit un triplet.
Exemple:

La suite GGGAAACCC.

1.Si on commence la lecture à partir du premier mot base (G), on déchiffre les phrases codons GGG, AAA, CCC
2. Si on commence la lecture à partir du deuxième mot base (G), on déchiffre les phrases codons GGA,AAC...
3. Si on commence la lecture à partir du troisième mot base (G), on déchiffre GAA, ACC...

Chaque phrasé codon produit un acide aminé différent dans les exmples ci-dessus :
en 1- GGG Glycine, AAA lysine, CCC proline
en 2 - GGA Glycine, AAC asparagine
en 3 - GAA acide glutamique, ACC, thréonine

Remarque : La glycine est codée par deux assemblages différents parmi les 64 possibilités. Ce cas n'est pas rare car en réalité la nature a retenu dans sa panoplie une vingtaine d'acides aminés et 4 codons de ponctuation. La glycine est l'acide aminé le plus simple: NH2 - CH2 - COOH (le groupe CH2 est le radical)


En ce qui concerne l'ADN, les textes aminés sont disposés spatialement en 2 longues chaînes enroulées l'une autour de l'autre. Chacune des 2 chaînes est liée par paires en respectant la règle de complémentarité autour du lien hydrogène.
Elles sont toutes construites autour d'un radical entouré d'une fonction amine et d'une fonction acide.
NH2 - R - COOH.

Le codon GGA (Glycine)
radical - mot ose - ...radical - mot ose - ...radical - mot ose
..................l...........................l ..........................l................
.............mot base(G).......mot base(G)........mot base(A)
......H..........................H..........................H
...........mot base(C)........mot base(C)............mot base(U)
..................l...........................l ..........................l................

radical - mot ose -... radical - mot ose - ...radical - mot ose

Le codon CCU ( proline)

En combinant les phrases amines de toutes les manières, on peut obtenir des milliards de textes protéiques.
Ce patrimoine fut inventé aux frontières de l'inerte quand les unités s'additionnent et se reproduisent à l'identique et du vivant quand elles s'inventent et se reproduisent de façon aléatoire mais selon un programme directeur.

Les unités organiques du vivant (plantes, animaux, hommes) sont des systèmes dérivés du module cellulaire mais seuls, les hommes portent le potentiel cellulaire à son paroxysme d'expression au sein de leur espèce. L'existence d'une structure fondamentale du langage a ses racines biologiques dans la grammaire universelle et générative de l'ADN.

La nature emprunte toujours le chemin le plus simple pour réussir la complexité et au final, il n'est pas surprenant que des sociétés humaines reproduisent sans le savoir, ce que la nature a inventé depuis quelques milliards d'années. Le cerveau humain se serait adapté par analogie à l'acquisition des règles grammaticales des langages naturels.

A l'intérieur de la cellule, il semble qu'il existe un autre mode d'organisation performant qui sera réaffecté dans les sociétés humaines au moment des épisodes de proto-industrialisation.