Tu ne voleras pas

17 juin 2003 : 17 km vers Veylats
Je veux conter ici toute la vérité.

Je fus par Jean de la Fontaine nommé roussin d'Arcadie.
Cette fable vaut bien de parler sans fiction.
Hier en la Bastide, je regardais la coquille du maître du chemin.


- J'aimerais qu'elle fut mienne dis-je à mon compagnon. Par chemin de saint Jacques, je voyage sans coquille et j'en vois une ici, pauvrette, mignonnette et seulette avec cette petite cordelette. Oui, cette coquille me tente.

- Anière, elle fut oubliée en cette chambre, par quelque pèlerin. Si tu la désires, prends-la, Elle est tienne, je ne me fâcherai point.

- Ah! mais comment pourrais-je emporter cet objet qui n'est point ma propriété? Ce pèlerin étourdi rebroussera peut-être son chemin pour retrouver son bien.

- Ah! si tu le vois ainsi, il faut laisser la coquille ici.

Quand le soir fut venu, au couvent de Veylats, j'arpentais l'escalier avec ce qui me restait d'agilité pour aller satisfaire mon appétit glouton.
Un fanfaron rencontré au début du voyage, vint à ma rencontr
e.

- J'ai quelque chose pour vous dit-il tout agité. Voici l'objet qu'en la Bastide avez perdu.
- Mais comment savez-vous? Qui vous a donné ça?
- La maîtresse du lieu m'a dit ce matin que vous aviez oublié votre bien.
- Compagnon, cette coquille ne m'appartenait pas mais il est vrai que je la regardais hier avec envie. Puisqu'elle m'est apportée ici, elle est désormais mienne et j'écrirai un jour que richesse est donnée à qui ne sait voler le bien de son prochain.