11 juin 2003 / 15 km vers Decazeville
Ce
jour là, je mis plume à mon chapeau car je veux écrire
ici la vérité même.
Je
partis portant fleur de trèfle aux naseaux. Vers midi, je me plaignis
à mon maître de la grande fatigue.
- Tu te vantais d'aller si vite railla-t-il. Vois tu Anière, à
l'horizon, chapelle de saint Roch? Ici, tu trouveras le repos.
- Je désire aller quérir l'esprit au sein de la chapelle mais
la présence de ce chien au côté de saint Roch, n'est-elle
pas redoutable?
Au
Saint de la chapelle, Geai crie Vie : Le voyage de
l'Anière passe par ici
Et je l'ai vu rôder autour de nous, dans les champs autour de la ferme.
Ah! le chien
J'ai dit :
- Je ne veux pas pique-niquer ici car je vois ce chien qui va venir vers nous,
renifler, aboyer, gambader, flairer.
- Vraiment? la belle raison que tu me bailles là!
Mon compagnon est un têtu. Il ne voulut point m'entendre.
J'étais inquiète, j'ai dit :
- Je ne suis pas bien ici, je ne sens pas l'endroit, je veux partir ailleurs.
Il n'est plus temps d'attendre.
Le têtu fit la sourde oreille et je dus pour ne pas lui déplaire,
poser mon cul sur terre.
Pendant que je dînais, buvais, jurais et assénais à mon
maître quelques drôleries sur la gent canine, je le vis tout à
coup se lever en pointant son doigt vers la ferme.
- Regarde, Anière, on brûle des pneus là bas. C'est de
grande imprudence par temps de canicule!
La fumée était épaisse.
- Foi de baudet, quelle aventure! Il n'y a pas de fumée sans feu et
ce que nous voyons là est un grand malheur pour le fermier. La ferme
brûle! La ferme brûle! Des gens s'agitent là bas... Eh
vite!.. Eh! vite... Les voilà qui déplacent les machines. Ami,
s'il est quelque péril en la matière, nous ne serons de nulle
aide. Tu me voyais aux abois, maintenant par Saint Jean, je prévois
l'été brûlant.
Fuyons dans l'épaisseur du bois car je vois. Je vois l'horizon du voyage.